Aux côtés des Gnawa
et des Aïssawa, les Hamadcha font partis des trois confréries
soufies dites "populaires" les plus importantes du Maroc.
Fondée par le Saint Sidi Ali Ben Hamdouch au XVIIéme
siècle, la confrérie des Hamadcha s’est illustrée
au cours de son histoire par l’originalité de son
répertoire, ses danses envoûtantes et les qualités
de transe-thérapeutes de ses membres.
Particularités musicales
au Maghreb, leurs instruments, leurs modes rythmiques et mélodiques
ne se rencontrent qu’au sein de la confrérie et sont
d’une rare complexité. Une large partie du répertoire
des Gnawa et des Aïssawa est directement empruntée
aux Hamadcha sous le nom « el hamdouchiyya ». Cette
musique étonnante est le support d’un rituel multiséculaire
où se mêlent louanges au saint fondateur et séances
de transe.
Le rituel des Hamadcha, à
l’instar de celui des Gnawa, est un espace de thérapie.
A ce titre les Hamadcha furent longtemps considérés
comme des experts thérapeutes, sollicités au sein
des familles pour leurs connaissances en « médecine
de l’esprit ».
Comme toutes les confréries
musulmanes, les Hamadcha se subdivisent en groupes distincts propres
à chaque ville ou région. Les groupes sont affiliés
à Sidi Ali Ben Hamdouch et à ses descendants. A
l'occasion de leur moussem, ils se réunissent chaque année
autour du tombeau du saint dans la région de Meknès.
Dans un Maroc en pleine modernisation
où l’avenir des pratiques traditionnelles est
chaque jour plus incertain, les Hamadcha, comme les autres
confréries,
sont menacés.
Au sein de la confrérie,
les Hamadcha de Fez, dirigé par le maître Abderrahim
Amrani Marrakchi, se distinguent par leur volonté de
préserver la confrérie d’une possible
disparition. Leurs connaissances approfondies du répertoire
ainsi que leurs qualités remarquables de musiciens
en font, sans conteste, les Hamadcha les plus réputés
du Maroc. Ils ont été sollicités
à de nombreuses occasions, tant pour des enregistrements,
que lors de festivals
de musique traditionnelle.